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Qu’est-ce que l'Ashtanga Yoga ?

  • Photo du rédacteur: @focus.maude
    @focus.maude
  • 18 août
  • 7 min de lecture

Mon journey avec l'Ashtanga

L’Ashtanga Yoga est arrivé dans ma vie il y a presque deux ans, juste après avoir terminé ma première formation professorale de yoga à Bali. Malgré six ans de pratique régulière, je sentais que mon yoga stagnait, surtout sur le plan spirituel. À force d’enchaîner les vidéos YouTube et les cours studio, j’avais de plus en plus de mal à sentir une vraie connexion à la profondeur du yoga et à avoir une pratique régulière.


J’espérais que ma formation serait un tournant. Et bien que l’expérience humaine ait été magique, j’en suis ressortie plus perdue dans ma pratique que jamais. Ironiquement, au moment même où je devenais prof de yoga, je me sentais presque comme une imposteure.


Et puis un jour, tout a changé. Un ami m’a traînée, de force, littéralement, à un cours d’Ashtanga Yoga à 5h30 du matin avec un professeur qu’il connaissait. J’ai dit non pendant une semaine… jusqu’au jour où il a cogné à ma porte à l’aube et m’a dit : “This morning, you are going.” Ce matin-là, sans le savoir, j’ai mis les pieds dans une salle qui allait complètement transformer le cours de ma vie.


Dès le premier cours, j’ai senti l’appel de cette pratique. J’y suis retournée chaque matin, tant que ce prof était à Bali, durant trois mois et demi. Par la suite, j’ai complété un training avec cet enseignant (shoutout à @sharath.capoeira.yoga), puis lorsque ça a été terminé, à sa suggestion, j’ai pris la route vers Mysore, en Inde, berceau de l’Ashtanga Vinyasa Yoga, pour aller apprendre auprès de son Guruji avec lequel lui étudiait déjà depuis 15 ans. J’y ai passé trois mois en entraînement intensif.


Aujourd’hui, l’Ashtanga fait partie intégrante de ma vie, et j’ai envie de partager cette pratique qui m’a transformée avec tous celles et ceux qui veulent bien l’entendre.


Mais avant de commencer, je tiens à préciser une chose importante : l’Ashtanga Yoga et le Yoga en général sont des univers riches, habités par une multitude d’enseignants extraordinaires, dont l’expérience et la connaissance dépassent largement les miennes. Mon intention ici n’est pas de me positionner comme une experte, mais de partager ma perspective personnelle, issue de mon propre parcours. Si vous cherchez la véritable sagesse et la profondeur d’une tradition, je vous encourage à remonter à sa source. Dans le cas du yoga, cette source, c’est l’Inde. C’est là que le cœur du yoga bat encore au rythme de ses racines ancestrales.


Mon souhait est simple : vous ouvrir la porte vers ce monde vaste, vivant, et infiniment riche qu’est le yoga traditionnel, et peut-être vous donner envie, vous aussi, d’y plonger.

Que vous soyez curieux, en quête de profondeur, ou en pleine réévaluation de votre pratique de yoga, j’espère que ces réflexions vous apporteront un nouvel éclairage sur cette voie traditionnelle et profondément humaine.


Commençons par le commencement.


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C’est quoi l’Ashtanga Yoga ?


L’Ashtanga Vinyasa Yoga, de son nom complet (Ashtanga, pour les intimes), a été développé par Sri T. Krishnamacharya à Mysore, en Inde, dans les années 1900. Il est connu comme l’un des styles originaux et traditionnels de yoga. Il découle du Hatha Yoga (souvent considéré comme la racine du yoga tel qu’on le connaît aujourd’hui) mais s’en distingue par sa structure.


C’est la première méthode à avoir structuré des séquences dynamiques et sans interruptions, où chaque posture (asana) est liée à un souffle, créant une méditation en mouvement. En gros, l’Ashtanga, c’est l’ancêtre du Vinyasa Yoga qu’on connaît aujourd’hui, avec au centre de sa pratique, l’importance de la respiration.


L’Ashtanga Vinyasa Yoga est un système de séries composées de séquences fixes qu’on répète chaque jour. Un « flow » structuré, qui ne change pas. Il existe quatre séries traditionnelles, chacune ayant un objectif et une fonction précise, se succédant les unes aux autres selon leur niveau de difficulté.


Par exemple, la première série (la plus connue et pratiquée), Yoga Chikitsa, qui signifie yoga thérapie, vise à purifier le corps physique, en travaillant notamment sur le chakra racine et nos fondations. D’un point de vue physique, elle agit en profondeur sur les ischio-jambiers, les hanches et la base de la colonne vertébrale. Elle aide à ouvrir ce qui est naturellement fermé, à renforcer ce qui est faible, pour construire des bases solides qui soutiendront l’élévation et le travail énergétique dans les séries suivantes.


Mais au-delà de l’aspect physique, l’Ashtanga est un système sacré et complexe, qui se transmet d’enseignant à élève, dans un cadre traditionnel appelé Mysore Style. Et il faut le dire clairement : il est impossible d’en expliquer ou d’en comprendre l’essence avec un article de blog, ni même avec des mots. Ce serait à la fois insuffisant… et ingrat.


Si vous voulez expérimenter le Ashtanga Bliss, le chemin est simple : vous devez pratiquer.


Non seulement la pratique est l’élément central de l’Ashtanga, mais surtout, la pratique régulière et dévouée. C’est là que réside toute la magie. Pas dans les postures impressionnantes ni dans la performance, mais dans la simplicité d’un geste répété chaque matin. Certains jours, c’est fluide et vibrant. D’autres, c’est lourd, confrontant, résistant. C’est justement là que la transformation opère : dans l’engagement, la constance et la présence.


Comme je l’ai mentionné, il existe des centaines de personnes bien plus qualifiées que moi pour vous expliquer en détail ce qu’est l’Ashtanga, son histoire et toutes ses composantes techniques.


Mais les vrais Guru de ce monde ne vous expliqueront rien du tout. Ils vous inviteront simplement à pratiquer.


“Practice, and all is coming.” – Sri K. Pattabhi Jois


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Ce que l’Ashtanga Yoga n’est pas


Il existe de nombreuses croyances préconçues en lien avec l’Ashtanga Yoga et je trouve nécessaire de les aborder.


« L’Ashtanga Yoga est réservé aux personnes déjà avancées dans leur pratique et physiquement très capables. »

C’est faux, complètement faux.


Cette croyance repose sur l’idée que le yoga serait une performance, qu’il faudrait déjà être “bon” pour avoir le droit de monter sur un tapis. Mais c’est précisément l’inverse : le yoga n’est pas une performance, c’est une pratique. Et on pratique pour développer plus de liberté dans le corps et dans l’esprit, pas parce qu’on l’a déjà atteint.


Plus tu pratiques, plus ton corps s’assouplit, se renforce, plus ton esprit s’éclaire. Le yoga est un chemin, pas une destination. Et ce chemin est ouvert à tout le monde. Peu importe d’où tu pars, la pratique s’adapte à toi. 


Je le répète : le yoga est pour TOUT. LE. MONDE.


Et d’ailleurs, c’est justement la régularité et la structure de l’Ashtanga qui, selon moi, le rendent encore plus accessible. Il n’est pas nécessaire d’inventer ta séquence chaque jour, ni de savoir quoi pratiquer : tu suis une série déjà établie, transmise et raffinée depuis des générations de maîtres. Tu n’as qu’à l’apprendre, petit à petit, à ton rythme. Rien à prouver, juste à t’engager.


« L’Ashtanga Yoga est une pratique très stricte et inflexible. »

C’est une idée qu’on entend souvent et je comprends pourquoi. D’une part, elle n’est pas fausse. En Ashtanga, les séries sont fixes, les règles sont nombreuses, les alignements sont précis. Sur papier, ça peut sembler rigide.


En réalité, cette structure est ce qui rend la pratique profondément libératrice. Elle offre un cadre stable éprouvé par des centaines de maîtres passés avant nous, qui ont perfectionné la pratique pour en faire ce qu’elle est aujourd’hui. La constance te permet de plonger au cœur de toi-même, sans distractions ou doutes.


C’est dans la répétition et dans le développement de la capacité à se dévouer à quelque chose que naît la vraie transformation. Tu n’as plus besoin de décider chaque jour quoi pratiquer : tu sais où tu vas, et tu peux simplement t’y déposer.


Et puis, cette "rigidité" supposée est aussi empreinte de beaucoup de douceur si on s’entoure des bons enseignants. Un.e bon.ne professeur.e saura adapter la série à toi, à ton corps et à ton énergie. C’est cette science qui est au cœur de la méthode traditionnelle d’enseignement en Ashtanga Yoga appelée « Mysore style ». Une approche dans laquelle la séquence est introduite au praticien petit à petit, de manière adaptée à ses capacités et avec bienveillance.


C’est ça l’essence de la tradition : un enseignement personnalisé, une transmission vivante. Il ne s’agit pas de forcer ton corps dans une forme rigide, mais de rencontrer la forme avec présence et de l’explorer, chaque jour un peu différemment.


« Le Ashtanga Yoga n’est pas accessible ou est « gatekeeped » »

Celle-là, elle pique un peu… parce qu’elle n’est pas toujours fausse.


Je dois reconnaître qu’il y a, dans certains cercles d’Ashtanga, un certain élitisme. Un sentiment que tu n’es pas « assez » : pas assez avancé, pas assez régulier, pas assez initié. Et ce ressenti peut éloigner des pratiquants sincères qui ont simplement envie de découvrir la méthode, à leur rythme.


Mais il est crucial de distinguer la pratique elle-même de certaines attitudes humaines qui s’y greffent. L’Ashtanga n’est pas, par nature, excluant, au contraire. Il ne demande pas de carte de membre, pas de performance, pas d’étiquette. Ce qui est sacré dans cette tradition, c’est l’engagement envers toi-même.


Heureusement, il existe des professeurs et des espaces qui incarnent cette approche inclusive, bienveillante et profondément humaine. L’Ashtanga est pour tous ceux et celles qui ont envie de se rencontrer avec sincérité. Peu importe ton âge, ton genre, ta forme physique, ton niveau. Tant que tu as l’humilité de commencer, tu es bienvenu·e.



Les idées préconçues autour de l’Ashtanga sont nombreuses, mais elles ne reflètent pas la richesse ni la profondeur de cette pratique. En déconstruisant ces fausses croyances, on retrouve l’essence véritable du yoga : une voie d’exploration personnelle accessible à tous.



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Conclusion


Ce partage a commencé avec mon histoire. Une période d’incertitude, un sentiment d’imposteur… et ce fameux matin à Bali où, sans le savoir, j’ai mis les pieds dans une salle qui allait transformer à jamais mon rapport au yoga et à moi-même.


Je ressens une immense gratitude pour cette pratique, pour tous ceux et celles qui ont croisé ma route et m’ont guidée : mes enseignants et ami·e·s, les synchronicités, les doutes et les élans qui m’ont menée vers l’Ashtanga.


À travers ce journey intense, j’ai compris que la vraie pratique ne commence pas quand on devient professeur, mais quand on choisit, jour après jour, de rester élève. Humblement. Authentiquement. Je crois que c’est l’un des plus beaux cadeaux que l’on puisse s’offrir et offrir aux autres: Lead by example and practice what you preach.


Je ne prétends pas avoir toutes les réponses, mais cette pratique m’a transformée. Et si, à travers mon enseignement, je peux allumer ne serait-ce qu’une étincelle semblable chez quelqu’un, alors ma mission sera remplie.


Si une part de toi est curieuse, même juste un peu, je t’invite à répondre à cet appel. À laisser de côté ce que tu crois savoir. Et à simplement venir pratiquer. Pas pour performer. Pas pour impressionner. Mais pour te rencontrer.


Parce qu’au fond, ce n’est pas l’Ashtanga qui est exigeant, c’est nous qui avons oublié comment être patients. Comment s’abandonner au processus et au courant.


L’Ashtanga nous prouve en fait que lorsqu’on s’engage, même un tout petit peu, avec sincérité, tout vient à toi.


Tout devient possible.


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